4 approches thérapeutiques utilisées par les diététistes pour traiter les troubles alimentaires

Les troubles alimentaires sont des conditions de santé mentale sérieuses et complexes qui touchent des millions de personnes à travers le monde. Quand on pense à l’accompagnement nutritionnel dans le cadre de ces troubles, on imagine souvent des plans alimentaires, des tailles de portions et de l’éducation nutritionnelle. Bien que ces éléments fassent parfois partie du traitement, la guérison va bien au-delà de l’assiette.

Chez les personnes vivant avec un trouble alimentaire, la relation avec la nourriture est souvent profondément liée aux émotions, aux pensées et aux mécanismes d’adaptation. Les diététistes utilisent des approches basées sur des données probantes pour accompagner leurs client·es, en combinant les recherches les plus récentes avec leur expertise clinique. Ces outils permettent de soutenir non seulement la guérison physique, mais aussi les aspects émotionnels et psychologiques qui l’accompagnent.

Si vous commencez à vous informer sur ce que sont les troubles alimentaires, ou si vous souhaitez accéder à des ressources fiables, des organisations comme NEDA, NEDIC ou AED/ADN offrent de l’information à jour et du soutien.

Dans cette première partie de notre blogue, nous vous présentons quatre approches thérapeutiques clés qui aident les diététistes à accompagner leurs client·es vers la guérison. Pour savoir comment ces approches sont intégrées en consultation nutritionnelle, rendez-vous à la deuxième partie de cette série.

Des approches thérapeutiques fondées sur des données probantes dans le traitement des troubles alimentaires

1. La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)

 

L’ACT (La thérapie d’acceptation et d’engagement) est efficace pour prévenir les rechutes et réduire les comportements liés aux troubles alimentaires. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle il faudrait simplement « éliminer » les pensées troublantes, l’ACT enseigne plutôt comment cohabiter avec celles-ci sans les laisser dicter les comportements.

Les client·es apprennent à faire de la place pour les pensées inconfortables (ex. : « je suis gros/se », « je ne mérite pas de manger ») sans leur accorder de pouvoir. L’accent est mis sur la pertinence de la pensée plutôt que sa véracité : est-ce que cette pensée m’aide à avancer vers mes valeurs, ou m’en éloigne-t-elle?

ACT repose sur 6 compétences fondamentales (modèle Hexaflex) :

 

  • Contact avec le moment présent : rester ancré·e dans l’ici et maintenant.
  • Valeurs : identifier ce qui compte vraiment (alimentation, image corporelle, activité physique, etc.) et s’en servir pour orienter le processus de guérison.
  • Action engagée : poser des gestes cohérents avec ses valeurs, même quand c’est difficile.
  • Soi comme contexte : reconnaître que vous n’êtes pas vos pensées (ex. : « J’ai la pensée que je ne suis pas aimable » vs « Je ne suis pas aimable »).
  • Défusion : se détacher de ses pensées.
  • Acceptation : accueillir les pensées et émotions difficiles sans chercher à les éviter.

2. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

 

La TCC est une approche très utilisée pour traiter les troubles alimentaires. Elle aide à comprendre l’interconnexion entre pensées, émotions et comportements. Les personnes vivant avec un trouble alimentaire présentent souvent des pensées extrêmes ou rigides, comme :

  • « J’ai mangé du dessert, donc j’ai échoué »
  • « Je ne pourrai jamais être en santé si je ne me restreins pas »
  • « Les aliments sont bons ou mauvais »

La TCC permet d’identifier ces distorsions cognitives et d’apprendre à les remettre en question. Les diététistes peuvent utiliser des outils comme les journaux alimentaires ou les grilles de pensées automatiques pour favoriser la prise de conscience et amorcer un changement.

Deux volets sont intégrés :

 

  1. Cognitif : restructurer les pensées et croyances pour diminuer l’anxiété et la culpabilité liées à la nourriture.
  2. Comportemental : inclut souvent l’exposition graduelle à des aliments évités et le développement de nouvelles stratégies de gestion du stress sans avoir recours à la restriction ou aux crises alimentaires.

3. La thérapie comportementale dialectique (TCD)

 

La TCD est particulièrement utile si les comportements alimentaires sont liés à la régulation émotionnelle. Quand les émotions deviennent envahissantes (stress, colère, tristesse), des comportements comme les crises alimentaires, les vomissements ou la restriction peuvent servir de mécanismes d’auto-apaisement.

La TCD vise un équilibre entre acceptation et changement. Elle reconnaît la souffrance vécue tout en proposant des outils pour y faire face autrement.

Ses objectifs :

  • Renforcer la motivation à changer
  • Développer les compétences
  • Appliquer les apprentissages dans la vie quotidienne
Les 4 compétences principales de la TCD :

 

  1. Pleine conscience : reconnaître pensées, émotions et sensations physiques sans jugement.
  2. Tolérance à la détresse : traverser une émotion forte sans se tourner vers des comportements nuisibles.
  3. Régulation émotionnelle : comprendre et gérer ses émotions avec des outils sains.
  4. Efficacité interpersonnelle : améliorer la communication et le respect de ses limites pour bâtir des relations positives.

4. La thérapie centrée sur les émotions (TCE)

 

La thérapie centrée sur les émotions (TCE) aide à reconstruire une relation saine avec ses émotions — et, par extension, avec la nourriture. Souvent, les troubles alimentaires masquent des blessures émotionnelles profondes. Plutôt que de fuir les émotions, la TCE encourage à les nommer, les ressentir et les traverser.

Par exemple, si une personne mange de façon émotionnelle lorsqu’elle se sent seule, la TCE permet de se connecter à cette solitude et d’apprendre à y répondre autrement.

Le processus se déroule en 3 étapes :

 

  1. Prise de conscience émotionnelle : apprendre à reconnaître et nommer ses émotions.
  2. Acceptation et validation : accueillir ses émotions avec bienveillance, souvent à l’aide de l’« accompagnement émotionnel » d’un·e professionnel·le.
  3. Renforcement des réponses saines : apprendre à réagir à ses émotions de façon plus équilibrée pour éviter les comportements alimentaires problématiques.

La TCE explore aussi les dynamiques relationnelles non résolues : une voix critique intérieure, des blessures du passé ou des mécanismes de protection émotionnelle qui empêchent de ressentir certaines émotions.

Trouver l’approche thérapeutique qui vous convient

 

La guérison d’un trouble alimentaire est un parcours unique pour tout le monde. Chaque approche thérapeutique offre des outils différents pour vous aider à développer une relation plus saine avec la nourriture, votre corps et vos émotions.

Si vous ou une personne que vous aimez êtes aux prises avec un trouble alimentaire, sachez qu’il est possible de s’en sortir. Une équipe spécialisée, composée d’un·e thérapeute et d’un·e diététiste, peut vous accompagner dans ce cheminement.

Consultez la deuxième partie de ce blogue pour découvrir comment les diététistes appliquent concrètement ces approches dans leur pratique. Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, contactez-nous à info@sooma.ca ou au 514-437-4260.

Vous pouvez également prendre rendez-vous directement avec l’un de nos professionnels en cliquant sur ce lien.

Écrit Par

Yara Hage

Étudiante en nutrition

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